Appel à mes anciens camarades du Mouvement 23 Mars

Chère camarade, Cher camarade,

Vous avez pris certainement connaissance que 7 amis journalistes et militants (Maâti Monjib, Abessamad Aït Aïcha, Hicham Mansouri, Hicham Almiraat, Mohamed Essaber, Rachid Tarik et Maria Moukrim) sont accusés d’atteinte à la sûreté de l’État et passibles de lourdes peines d’emprisonnement pour avoir exercé leur métier… et que leur procès politique du 23 mars 2016 à RABAT sera une journée noire pour notre pays. Ce dernier envisage de renouer avec les années tragiques et où les militants des Mouvements de gauche vivaient sous la répression ouverte.

Nous étions, nous les membres du Mouvement du 23 Mars, mobilisés pour libérer les prisonniers politiques.

Des décennies se sont écoulés, certains anciens camarades ont fait le choix de rejoindre des partis pro-makhzaniens, d’autres ont rejoint l’Union Socialistes des Forces Populaires. D’autres, comme mon cas, ont investi le champ de la société civile et ont décidé de défendre, de fonder, de former, de construire et de multiplier les espaces de liberté indépendants et qui refusent toute concession au sujet des libertés démocratiques, la défense de la liberté de presse et d’expression.

Ce qui explique, mon engagement naturel de m’associer aux forces les plus vives de mon pays pour dire non à la régression, non au retour aux périodes les plus obscurantistes de l’histoire contemporaine de mon pays…

J’en appelle à votre conscience, à votre intelligence et à votre mémoire : Comment en effet ne pas s’interroger sur le sens profond de ce procès ? Comment admettre que nos amis journalistes puissent porter atteinte à la Sécurité de l’Etat ?

Je ne pense pas que le régime actuel soit fragile à un tel point pour qu’un groupe de militants issu du Mouvement 20 février 2011 puisse déstabiliser notre pays.

Je m’interroge si le choix de la date du procès, prévu le 23 mars, par les autorités politiques de mon pays, n’est pas un simple hasard du calendrier ?

Je découvre, à ma grande surprise, que notre leader national Si Abderrahim Bouabid est né le 23 Mars. Ce qui augmente en moi un sentiment de sympathie pour cette date de 23 Mars et celle du 20 février.

Cette ”guerre” contre des dates symboliques ne doit pas laisser étranger toute personne attachée à l’histoire de son pays.

Le Makhzen tente de mener, sans frais, la guerre contre deux dates historiques en cherchant à entériner deux générations, voire à provoquer une rupture entre deux générations.

Je ne peux faire taire en moi ce sens voilé : étouffer la parole libre portée par la jeunesse du 23 mars 1965, en accusant la jeunesse du 20 février d’atteinte à la sûreté de l’Etat. C’est ce je peux appeler la création artificielle d’un conflit intergénérationnel.

Mes anciens camarades du 23 mars ont tout à gagner à joindre le mouvement de solidarité avec nos amis : à Rabat, comme à Toulouse, à Montpellier ou à Bruxelles.

Notre devoir de mémoire, nous les anciens membres du 23 mars, nos rassemblements annuels pour marquer notre fierté d’avoir participé au processus démocratique à l’oeuvre dans notre pays, exige de nous de dire non à cette mascarade.

La mobilisation internationale pour que les autorités marocaines abandonnent les poursuites de nos amis est acte citoyen d’une haute signification symbolique et historique : Je refuse que mon pays se déchire, se divise, à un tournant décisif où mon pays a besoin de toutes ses forces pour garantir son unité.

— Mohammed Habib SAMRAKANDI- Fait à Toulouse, le 19 Mars 2016

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