L’association des droits numériques accuse, l’Intérieur interdit, el Khalfi dément

Source: Panorama Post

L’association des droits numériques (ADN) est un organisme qui, comme son nom l’indique assez clairement, défend la liberté dans le web et veut faire de celui-ci un outil pour la liberté des citoyens. Or, cette association, encore non reconnue officiellement, vient de voir son activité dans les locaux de l’AMDH interdite par les autorités. Pourquoi ? Parce que l’ADN est un poil à gratter… Explications.

Mercredi donc, la police a essayé d’empêcher l’ADN de faire ce qu’elle a tout de même fait la veille mardi, en, l’occurrence présenter le rapport « les yeux du pouvoir », élaboré par Privacy International*, selon lequel le autorités marocaines auraient acquis du matériel d’espionnage et d’interception de communications téléphoniques et de messages électroniques, mais aussi du matériel de hacking…. On comprend mieux l’hostilité des autorités marocaines, et même si cela s’avère vrai, rien ne saurait justifier leur réaction.

En effet, si l’Etat peut se permettre d’enfreindre les lois pour se protéger de dangers supposés et/ou réels et si ce même Etat se targue d’être un Etat de droit, ce qui semblerait être peu ou prou le cas du Maroc, alors il doit respecter les lois et laisser faire les ONG de défense des droits, et aussi les lanceurs d’alerte. L’Etat français qui, comme tous les autres, surveille à tour de bras, s’expose au risque de poursuites judiciaires et, hier jeudi encore, la justice américaine, en deuxième instance, a jugé que le programme de surveillance des métadonnées téléphoniques (numéro appelant, appelé, durée d’appel…) mis en œuvre par la National Security Agency (NSA) n’avait aucun fondement légal.

Le Maroc devrait en prendre de la graine… Il n’est pas moralement défendu d’espionner, vu l’état de la morale au 21ème siècle, mais il est en revanche illégal d’interdire que les défenseurs des droits fassent leur travail correctement. Et au Maroc, l’AMDH et l’ADN remplissent ce rôle. Quand on les laisse, du moins…

Pour sa part, le ministre de la Communication Mustapha el Khalfi, droit dans ses bottes dans son rôle de ministre, il dément, affirmant que « le Maroc est fier de l’état de liberté qui règne dans le domaine du net, et que plusieurs organismes le classent très honorablement (sic) en matière de liberté numérique », ajoutant que « les associations ont le droit de s’exprimer, mais que la réalité est que le Maroc est un pays où la liberté d’internet prévaut ».

Et el Khalfi de donner des chiffres : 500.000 comptes et 9 millions de comptes Facebook. « Au Maroc,dit el Khalfi, les Marocains préfèrent Facebook à Twitter ». On aura remarqué…

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*Privacy International est une organisation caritative qui a pour objectif dedéfendre le droit à la vie privée à travers le monde.

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