Accusé d’espionnage au Maroc, le ministère de l’Intérieur porte plainte

Source: H24 Info

Le ministère de l’Intérieur vient de déposer une plainte contre les auteurs d’un rapport selon lequel des millions de dirhams auraient été investis pour espionner des militants lors du Printemps arabe.

Le ministère de l’Intérieur a déposé une plainte auprès du parquet général contre “certaines personnes qui ont préparé et distribué un rapport comprenant des accusations graves de pratiques d’espionnage”, a appris la MAP d’une source au ministère de l’Intérieur. Selon la même source, le ministère a demandé une enquête à ce sujet pour identifier les auteurs de ces accusations.

Dans le rapport qui se trouve au centre de cette affaire, et dont une copie est parvenue ce vendredi à H24info, l’association marocaine des droits numériques (ADN) accuse le gouvernement marocain d’avoir investi de l’argent afin d’espionner des journalistes et militants marocains. Le rapport en question a été présenté mercredi dernier au siège de l’Association marocaine des droits de l’homme (AMDH) à Rabat. Ce jour ­là, “une heure avant le début de la présentation, des fourgons de la police ont stationné devant le siège de l’AMDH et des policiers ont empêché les journalistes d’entrer dans l’édifice”, nous déclare un représentant de l’AMDH.

Selon ce rapport intitulé “Les Yeux du Pouvoir”, “l’État a investi massivement dans l’espionnage de ses citoyens afin de surveiller leurs activités et de réprimer toute forme de dissidence”. En effet, il est indiqué dans le rapport que le gouvernement marocain a acheté en 2011 des infrastructures de surveillance Eagle pour une valeur de 2 millions d’euros à Amesys Bull, une entreprise française connue pour avoir vendu une technologie similaire à la Libye, sous le régime de Mouammar Kadhafi. Eagle permet notamment de censurer Internet et de surveiller le trafic Internet.

Le rapport s’appuie également sur les témoignages de quatre journalistes et militants marocains. Trois d’entre eux – Hisham Almiraat, Samia Errazzouki et Yassir Kazar – racontent comment la plateforme du collectif “Mamfakinch”, créée 3 jours avant le 20 février 2011, a été piratée par un logiciel espion développé et commercialisé par la société italienne de surveillance Hacking Team. Pourtant, “Hacking Team déclare vendre uniquement ses logiciels à des gouvernements et à des services de police”, note le rapport. Par conséquent, par peur d’être surveillés par le gouvernement, certains membres de Mamfakinch ont quitté le groupe.

En plus de l’achat de logiciels, le rapport indique que les comptes Gmail et Facebook de certains journalistes, dont Ali Anouzla (l’un des quatre témoins), ont également été piratés par des “groupes de hackers nationalistes”. Des techniques de surveillance policière “plus traditionnelles” sont également citées: visites de voisins et de proches pour obtenir des informations, écoutes téléphoniques, etc. Pour finir, Almiraat a déploré lors de son intervention mercredi dernier à l’AMDH, la “restriction de l’espace publique” et “l’absence d’une vraie presse indépendante au Maroc (…) Si nous perdons internet, il ne nous restera pratiquement plus rien”, prévient-­il.

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